|
This intriguing release feautures reed player Gallio in the company
of various groupings of solos, duos and trios for two long suites,
each constructed of multiple short sections ranging from 20 seconds
to 3 minutes in length. Rushing by like a series of improvisational
flash cards, the music encompasses spare duet setting for poems
by Surrealists Picabia and Meret Oppenheim (of fur-lined teacup
fame) sung by Irene Aebi; fractured, frenetic spars featuring Wittwer
or the scratch and scrabble electronics of Ostrowski and cellist
Zimmerlin; and flowing duets with pianist Lüscher and trios
with Cooper and Ulrich. Comprising most of the CD, the first suite,
„cars and variations“, moves through 33 segments punctuated
by 4 brief found-sound snippets.
The proceedings are roughly paced by moving from harsh electronic
pairings to more stately duets with Lüscher and Aebi. Yet,
with such rapid swiches and quick pacing, any depth or development
in the playing is sacrificed. Hard, rocking struts dissolve into
measured, halting, angular phrases; melodious art songs dissipate
into jangling trios; short ideas start to be sketched out, only
to disappear mid-phrase. This is contrasted with the only piece
over 3 minutes, a leisurely trio with Cooper and Ulrich, as Gallio‘s
long, gracefully sinuous lines unfurl over the bass and drums. The
final suite, „high desert songs“ is a group of 12 short
floating verses delivering a tour de force for solo voice by Irene
Aebi. This release makes clear that Gallio has no shortage of ideas.
Cadence, Michael Rosenstein
Godard: „En peinture, on corrige, on pose, on assemble, on
invente rien (...) [Le cinéma], c‘est de la peinture
qui peut être construite comme de la musique.“ (Histoire
du cinéma, I).
Gallio/Ostrowski/Zimmerlin, ce pourrait être, en ce sens,
la musique qui joue au cinéma qui joue à la peinture
- sans images: poser, assembler. Depuis <Certainty Sympathy>
(percaso 05), Gallio a développé un art du montage,
avec ses séquences leit motiv, ses scènes d‘extérieur,
ses thèmes récurrents, un sens réel de la durée
relative des plans; travail qui s‘est poursuivi, concentré,
avec le réjouissant <Birds & Dogs> (mini CD précieusement
emballé, percaso 07). <Day & Taxi> (percaso 11)
révèle l‘autre face du saxophoniste suisse,
qui dans un trio traditionnel, fraie son chemin sur les brisées
d‘O.
Colemann et de S. Lacy, selon l‘instrument. Ces deux aspects
se conjuguent en <Cars & Varaitions>, dont l‘économie
générale demeure celle du montage. L‘encheînement
de séquences, du solo au trio, lui confère la structure
plus lâche d‘un voyage qu‘une visée sous
-jacente constitue 'in fine' en itinéraire, moins orienté
cependant que souterrainement motivé. On se laisse conduire
comme en un 'road movie' vers un horizon qui se dérobe, sensible
à l‘éphémère, aux mirages esquissés,
disponible à la rencontre. Par son usage brut et bruitiste
de l‘électronique, le trio G/O/Z forme la chaîne
sur laquelle se trame le chant plus frêle des autres formations.
Ainsi est-on mené vers le deuxième volet, <High
Desert Songs>, compositions fort lacyennees sur des poemes de
Picabia, pour lesquelles nulle n‘était mieux à
même d‘affronter les intervalles périlleux qu‘Irene
Aebi, superbe de force et de rigueur. Le modèle lacyen qui
agit comme un principle actif dans les albums précités,
se trouve à nu dans <Mono>, et du coup trop prégnant
pour aller sans engendrer malaise; à l‘alto, plus libre
de références, Gallio trouve davantage sa différence,
déployant un vibrato tournant qui lui est propre. Ces réserves
faites, ce concert restitué avec un grand naturel est une
chance de plus de faire connaissance avec un musicien qu‘on
aurait bénéfice à reconnaître et accueillir
comme un créateur qui bâtit pierre à pierre
un édifice à nul autre semblable.
IMPROJAZZ, Philippe Alen
<Partout où je rencontre la morale je cherche l’instinct> chante Irene Aebi. Ces mots de Francis Picabia sonnent comme un désir d’exigence pour le saxophoniste suisse Christoph Gallio, loin des sentiers battus. Trente-trois pièces (de douze secondes à sept minutes) constituent <Cars and Variations>, archipel sonore où l’on suit le saxophoniste en trio, duo, solo; étapes d’une aventure dont la destination importe peu pourvu qu’elle soit féconde en secousses musicales. On retrouve chaque formation plusieurs fois, donnant un rythme particulier à l’ensemble. Alors qu’Irene Aebi se fait le porte-paroles d’une poésie de l’absurde (celle de Francis Picabia, Meret Oppenheim...), grésillements électroniques, produits de Matthew Ostrowski refusent au saxophone toute ampleur messagères. Lorsque Gallio retrouve un environnement plus traditionnel, avec Lindsay L. Cooper (contrabasse) et Dieter Ulrich (batterie), on s’éloigne encore d’un dialoge équilateral; c’est avec Stephan Wittwer (guitare) qu’une intrigue se noue, incarnant la tension de l’instant (pas très loin de Arto Lindsay). Quattre plages solitaires donnent au saxophone soprano (très influencé par Steve Lacy) l’occasion de retrouver une sereine simplicité, dans ce collage de matériaux sonores plein d’inouï. <High Desert Songs> propose à la suite onze courts textes de Picabia mis en musique par Gallio et chantés a capella par Irene Aebi.
JAZZ MAN, Thierry Lepin
|